Ça fait quelques semaines qu’on n’arrête pas d’en parler.
Depuis quelques jours on peut même le sentir.
Par endroit on commence même à le voir.
Il approche.
Elle va disparaître.



Ça fait quelques semaines qu’on n’arrête pas d’en parler.
Depuis quelques jours on peut même le sentir.
Par endroit on commence même à le voir.
Il approche.
Elle va disparaître.

Alors que je fais la course avec le soleil qui se couche, une grosse BMW foncée s’approche de moi en me faisant des appels de phares. Je viens d’entrer dans mon quartier, je ne connais personne qui conduit une béhèm mais je suis en confiance (et puis mes leçons d’aikido sont toujours prêtes à ressurjir à tout instant). La vitre teintée se baisse. Je m’approche lentement. Un mec maghrébin me lance « hey tu me reconnais ?! ». Je ne suis pas physionomiste, je ne reconnais pas les gens je les ressens. Pas la peine de réfléchir, direct je lance « mais oui tu es H. ! » et le voila qui se gare en vrac à contre sens, sort de la voiture et me demande de faire un résumé des 20 dernières années.
Monsieur H est un copain d’école. Un de ces copains d’école avec qui on joue au foot comme on joue à la corde. Et oui Monsieur H et moi on s’est connu entre la cage aux écureuils et les troënes de la cour de la maternelle. Enfant sage mais plein d’énergie, un peu rêveur, bien souvent à la traîne en classe mais toujours prêt à amuser la galerie. En grandissant, nos chemins se sont séparés sans qu’on s’en rende compte mais c’est la vie ça les chemins qui se séparent, les gens qui se croisent.
Alors je suis là à lui résumer ma vie. Je me tourne vers lui et lance « et toi ? ». Naturellement il m’explique qu’il a jamais aimé travailler, qu’il le sentait pas le concept « de dire bonjour au patron » et puis surtout qu’il « aime avoir les poches pleines de fric ». J’écartille un peu les yeux, je lui demande s’il habite toujours dans le coin, il me dit que ça fait seulement 2 mois qu’il est sorti de taule, que ça fait 6 ans qu’il tourne dans les prisons françaises, qu’il les a toutes faites et qu’en fait c’est pas comme à la télé, que c’est sympa. A l’entendre il s’y croirait chez lui. Chez lui. Je pense à sa mère. « Merde H. t’as du la faire pleurer ta mère, ça t’a rien fait ? » « Ben si c’était horrible la première fois et puis après elle s’y est fait ». Je n’en reviens pas « mais comment tu fais pour te convaincre que du blé ça vaut 6 ans de cabane, merde t’étouffais pas ? » Apparemment il garde un souvenir amusé de son chez lui, il connait les ruses, les gens, les clans. Je m’inquiète de la faible espérance de vie des dealers. Alors comme pour me rassurer il me montre ses cicatrices notamment celle dont il est fier : 19 points de suture par un mec qui lui devait du fric et qui l’a planté tout en le trainant à vélo. Pour lui seul une balle pourra le tuer alors il a la patate, il est même plutôt heureux. D’ailleurs, tout ça c’est la jeunesse, maintenant il est établi, fini les cambriolages à la va vite, il cogite ses coups, il bosse pas pour du vent. « Et l’avenir, et si un jour tu rencontres une fille bien et que tu veux te poser ? » Apparemment il mange pas de ce pain-là et c’est décidé ça sera pas en France. Alors dans un an ou deux peut être il traversera la méditerrannée pour rejoindre ses parents et monter un café, un commerce tout ce qu’il y a de plus légal. On papote encore un peu, depuis le début je pleure un peu parce que c’est pas la première fois que je me retrouve seule avec un dealer qui cherche quelqu’un à qui parler mais là c’est un petit garçon avec qui j’ai joué et quand je le vois raconter ses folles aventures de taulard en les ponctuant de « tu vois » je reconnais ses mimiques, sa frimousse et je le trouve innocent alors que je le sais coupable.
On se dit au revoir, se serre l’un contre l’autre, se tape dans le dos. Il me propose qu’on aille bientôt se boire des verres, je souris, je sais que je déclinerai quoiqu’il arrive, je sens déjà mon cerveau qui veut absolument se déconnecter, quitter cette histoire de dingues. Il regarde sa montre « il est 20h05, dans 5 minutes y a Plus Belle la vie qui commence, j’ai découvert cette série en taule y a 6 ans, tout le monde matte ça là bas c’est notre moment de rêverie, c’est mon rituel ». Dernière accolade, j’aimerais réussir à lui faire passer ce que j’arrive si facilement à faire passer aux autres mais je pense que mon énergie reste sans effet. Il monte en voiture, je tourne les talons. Il démarre en faisant gentiement ronfler le moteur de la behem, je m’effondre près des gros rochers qui font office de mobilier urbain, je ne pleure pas mais je tremble de froid. Le soleil est couché et il me faudra plus qu’un pull pour chasser ces frissons.
Merci Emi \o/




Et en plus ils sont 2. Je leur ai laissé leur intimité mais ils ont pas fait de petits [soupirs]

Qu’il fasse son innocent ou pas, il va y passer. C’est la règle !

L’image qui va suivre est d’une cruauté sans faille…

« - Alors elle était comment la bête ?
- Oh ben ma foi elle était pas mauvaise. »
Y a des petites bêtes comme ça qui vous ensoleillent un dimanche de taf

Bon par contre je suis dég j’ai pas trouvé de mâle à lui faire bouffer…

Un soir de plus, un clash de plus. Je ne m’y habituerai jamais alors je sanglote. Toujours au même endroit : derrière la porte, bien calée entre les 2 murs qui l’encadrent. Je sais que bientôt ce sont mes nerfs qui vont me lâcher et que j’aurais besoin de quelque chose pour me contenir. Je pars souvent vers l’arrière pendant une crise alors j’occupe l’espace. Et je pars en arrière.
Je pars en arrière et je me dis que l’erreur c’était surement le commencement. Beaucoup de gens disent « hey j’ai pas demandé à vivre, moi ». Je ne sais pas si je peux en dire autant. Je ne me rappelle pas avoir demandé quoique ce soit, je me rappelle avoir regretté beaucoup de souffles, beaucoup de secondes, beaucoup de regards, beaucoup de vides. Et à chaque instant elle était là, comme pour me rappeler que j’étais un peu gonflée de me plaindre alors que j’étais celle des deux qui avait gagné.

Le jour où j’ai découvert que j’avais un jumeau qui n’était pas né. J’étais soulagée et super bouleversée en même temps. Ça m’apprendra à écouter aux portes, ça leur apprendra à parler aussi fort. J’ai jamais été seule mais j’ai toujours cru que j’étais folle. La folie c’est bien ça explique tout. La folie ça fait du bon boulot et le mec qui l’a inventé ben il avait pas megotté ce jour-là. Imparable. J’étais folle et ça expliquait vraiment tout : mes hallucinations depuis la petite enfance (ça ne me consolait pas vraiment de savoir qu’il n’y avait pas vraiment de zèbres qui volaient dans ma chambre mais c’était déjà ça de pris), mes colères, mes trop nombreuses décorporations (bon ok ça expliquait vachement moins bien le fait que j’avais des souvenirs de l’époque où j’étais bébé et que ces souvenirs soient tous vus du haut), ça expliquait aussi que je parle à quelqu’un qui avait déjà un caractère bien trempé, ça expliquait aussi mes angoisses, mais bordel puisque je te dis que ça expliquait tout.
Je me suis souvent demandé pourquoi mon jumeau n’était pas né (bien que j’aie toujours senti une présence féminine je refuse de sexuer un être non né, l’âme et le corps sont à ce point différents qu’il serait irrespectueux de trancher la question). La réponse était simple : parce que moi je suis née. Un jour j’ai pris conscience de mon appétit. Ma mère généreuse en compliments m’a dit « ma pauvre fille, tu manges comme 2″. Alors le doute m’a envahie : et si j’avais mangé mon jumeau ? Ma voracité pourrait être m’avoir poussée à devenir une terrible ogresse. A l’époque, en proie à une mauvaise image de moi, je me suis lentement mais surement laissée gagner par cette idée jusqu’à me pousser à un dégoût de moi. Tant et si bien qu’au bout de quelques mois, mon épicurisme finissait indéniablement avec les morceaux tout chauds de mon repas. Le tout enveloppé de bile et enveloppé dans un sac en plastique. Mon office fait, je pouvais dormir sans fantôme au dessus de ma tête. Dans la petite pièce qui me servait de chambre parisienne, je n’entendais plus que mon propre souffle et j’écrasais mon panda en peluche contre ma poitrine en espérant vite tomber de fatigue après tous ces coulissements de l’oesophage.
[ fin de la 1ère partie ]
Et voila depuis le temps que ça trainait j’ai enfin mis ma page flavors.me à jour
Choucou ex aequo avec mon Zenit-E, le Fuji STX2. Petite pépite dégotée sur une brocante peu après mon retour d’Australie. Je ne connaissais pas ce genre d’appareil et si j’en avais entendu parler j’aurais pas forcément été enthousiaste : réflex semi-automatique made in Japan en 1986, plus out à l’époque d’ailleurs s’en sont écoulés, entièrement mécanique (une pile sert pour la mesure de l’exposition mais il peut fonctionner sans).
Alors pourquoi l’avoir acheté ? pour sa bonne gueule évidemment !

Alors pourquoi l’avoir gardé ? pour un détail amusant : cet appareil a un défaut. Plus précisemment son objectif par défaut (un Fujinon 1:1,6 50mm) a un joli défaut : son ponctum proximum et son ponctum remontum (c’est le moment où jamais de ressortir vos cours d’optique du lycée) sont très proches donc zone de netteté courte et assez étrange. J’entends souvent dire : ohlala comment t’as forcé sur l’outil netteté de Toshop © que nenni je ne retouche jamais les photos argentiques et surtout pas celles du STX puisque cet objectif en plus d’avoir un défaut bénéficie d’une luminosité assez incroyable. Bref quelle chance !
J’ai par la suite mené une quête sans relâche pour trouver un grand angle histoire de pouvoir diversifier mes activités avec. L’objectif était génial mais sans ce défaut qui m’était si cher, les photos me semblaient moins uniques, plus parfaites, bref si ça boîte pas c’est pas drôle.
Comme bon nombre de ses compères cet appareil pèse un bon kilo mais ici encore il vaut la peine de s’user l’épaule.
Alors on prend quoi comme photo avec un Fuji STX-2 ?

ou encore Joachim juste pour prouver ce que je disais plus haut sur le punctum proximum et le punctum remontum (vous remarquerez que j’écris pas latin partout pareil c’est normal c’est parce que j’ai brûlé mes cours d’optique) donc je disais : zavez vu ? y a une plage de 2 cm particulièrement nette (le bord des lunettes) et le reste c’est du grand flou (va)

on prend un monument assez imposant et plein de courants d’air

on se saisit du coin discret arrangé pour que le cuisinier puisse réparer les montres dès qu’il a une minute ou une heure (si quelqu’un pouvait m’expliquer pourquoi chez AsieThé (rue de la montagne St Geneviève) ils réparent vos montres entre 2 x 4 petits carrés ça m’intéresserait

Comme dit l’adage : Montsouris et la vie te montsourira

Cet appareil est tellement révolutionnaire qu’il permet de photographier le Printemps en été
Pour les curieux, d’autres photos prises avec le Fuji STX2 sont dispos sur mon flickr
Quelque part entre 1967 et 1981, le Zenit E s’est écoulé comme des petits pains auprès des amateurs de photographie faiblement fortunés. Je vous présente donc ici l’un de mes premiers appareils argentiques (merci papa) et l’un de mes préférés.
Le ton est donné. Le poids de l’animal totally full metal jacket ne pardonne pas, avec son kilo et quelques lourdes poussières impossible d’oublier qu’il est dans mon sac à main. Bon ça tombe plutôt bien puisque le but est de s’en servir
Bon c’est bien gentil mais on prend quoi comme photo avec 1 kilo et des bananes d’appareil photo ?
Petite précision matos : je n’utilise pas l’objectif Industar livré sur la grande majorité des appareils mais l’Helios qui est « étrange mais donne des trucs sympa » (étrange parce qu’on fait la mise au point en tournant en général la bague de 3 tours ce qui vraiment destabilisant)
Allez on va voir si je m’y tiens : je vais essayer de poster régulièrement sur mes coups de coeurs du moment.
Mon égoïsme me manque déjà !
Allez aujourd’hui je vais vous parler de Guy. Guy est tatoueur. Lui et ses petites aiguilles officient notamment chez Tribal Act à Paris. Ce mec a juste un très joli style et le moins qu’on puisse dire c’est qu’en plus de ne pas être manchot il est créativement parlant assez généreux. Du reste, je ne sais rien de lui alors trève de mots je balance des images (quelques unes que j’ai empruntées sur son Myspace… ouioui ça existe toujours).
Morceaux choisis !
Pour plus d’infos et de photos, rendez-vous sur son myspace : www.myspace.com/guyletatooer
et aussi sur le site de Tribal Act : www.tribalact.com
[ billet ouvert ]

body ornament
Crédit photo : Musée de l’Homme, Paris (photo parue dans Planète Amazone, 1989)
Faible activité sur le blog ces dernières semaines. Et pour cause, je suis en plein restocking du shop. Les produits rentrent donc progressivement ( = lentement). Au passage j’en ai profité pour lui remettre un ptit coup de jeune.
Au passage, notez l’adresse (y a un truc comme ça qu’on appelle « favori » etc.) : http://bony.etsy.com/ (et puis aussi http://cheekfille.etsy.com pour ceux qui n’ont aucune mémoire).
Du coup je sais pas ce qui me manque le plus : les kiwis importés ( »btw nice jumper ») ou les soirées clito… bon ok je vais importer les soirées clito à Melbourne et comme ça j’aurais la version 2 en 1

dokuro = crâne, tête de mort